VIOLENCES
← Retour
Violence numériquesViolence verbales, psychologiques

Amour ne rime pas avec contrôle

En Suisse, 55% des filles et 40% des garçons ont déjà vécu ce genre de pressions. À Genève, 58% des jeunes considèrent normal de pouvoir consulter les messages de leur partenaire. (ETH, 2015 ; Enquête Iceberg, BPEV, 2025)

Contrôle et surveillance dans le couple

De quoi on parle ?

Le contrôle et la surveillance dans les relations, c’est quand une personne cherche à savoir en permanence ce que fait l’autre et à décider à sa place. Cela peut prendre plusieurs formes : fouiller dans les messages, surveiller les déplacements, intimider et menacer, faire du chantage émotionnel, isoler l’autre de ses proches. Cela se passe souvent dans les couples ou entre ex-partenaires.

Pourquoi c’est grave ?

Le contrôle et la surveillance dans une relation, c’est une forme de violence :une personne s’arroge le droit de dominer les faits et gestes de l’autre, comme si celle-ci lui devait des comptes. La personne qui subit n’est pas libre et se trouve dans une situation de domination, souvent aussi de dépendance affective ou financière, ce qui rend difficile de quitter la relation malgré les souffrances. Rester ne veut pas dire accepter, et partir n’est pas toujours possible ou simple.
Dans une relation saine, chaque personne a le droit d’avoir son propre avis, ses propres besoins et son jardin secret. Le contrôle et la surveillance violent ces limites essentielles. Ces comportements sont souvent présentés comme des « preuves d’amour » ou de la jalousie normale. Mais contrôler quelqu’un, c’est le ou la traiter comme une possession ou un objet, et non pas comme une personne.

 

Les conséquences peuvent être graves et durables : sentiment constant d’étouffement, isolement, perte d’estime de soi, ne plus savoir qui on est.

Que dit la loi ?

Plusieurs lois s’appliquent selon le contexte, le Code pénal (CP) principalement.
Les comportements de contrôle et de surveillance sont tous condamnables, qu’il s’agisse de chantage affectif, de culpabilisation, de contrôle des habits ou des comportements, d’isolement social ou de surveillance déguisée (vérification du téléphone, géolocalisation). Dans la pratique, ces comportements s’installent progressivement et laissent peu de traces visibles, ce qui peut compliquer une condamnation, mais cela ne signifie pas qu’ils sont acceptables.

 

En droit suisse, le contrôle et la surveillance dans une relation ne constituent pas encore une infraction autonome. C’est une lacune reconnue du droit suisse actuel. Les comportements ci-après sont par contre punis par la loi et peuvent aller jusqu’à 5 ans de prison, voire plus en cas de circonstances aggravantes. Voici les principales infractions pénales qui peuvent s’appliquer :

  • Art. 142 bis— accès indu à un système informatique (piratage)
  • Art. 179novies CP — soustraction de données personnelles (collecte de données personnelles sans droit)
  • Art. 181b CP — harcèlement obsessionnel (pour en savoir plus, voir Stalking)
  • Art. 180 CP — menaces
  • Art. 181 CP — contrainte
  • Art. 156 CP — extorsion et chantage
  • Art. 173 CP — diffamation
  • Art. 174 CP — calomnie
  • Art. 177 CP — injures

 

Pour en savoir plus sur les délais de prescription et les peines encourues, tu peux consulter le Code pénal suisse en recherchant par le numéro d’article.

Témoignages

Victime, auteur·ice ou témoin : trois regards sur une même situation.

J'ai vécu quelque chose de similaire

“Mon copain contrôle ma localisation via snapchat. Il me fait culpabiliser si je réponds pas à ses messages tout de suite. Il me fait des remarques sur comment je suis habillée. J’ai l’impression qu’il veut tout contrôler. Souvent, je refuse de voir mes amis pour éviter une crise de jalousie.”

Agir →

Je me reconnais dans ce comportement

“Pour moi, c'est normal de savoir où ma copine se trouve, avec qui elle est, quand elle rentre. Je m’énerve vite si elle ne répond pas à mes messages. Je suis persuadé que si elle ne me répond pas, c'est qu'elle est en train de trainer avec des gars. Un jour elle m'a montré son téléphone, 47 messages en deux heures, tous de moi. Elle était juste en cours. J'avais pas réalisé, parfois j'y repense.”

Agir →

Je connais quelqu'un qui a vécu quelque chose

“Je sais que mon ami doit partager sa localisation H24 avec sa copine et qu'elle fouille dans son téléphone. Mes autres potes disent qu'au moins elle tient à lui et que c'est romantique. Je vois qu’il sort de moins en moins avec nous. Elle le rabaisse souvent, même en public. Il lui trouve toujours des excuses.”

Agir →

Tu cherches
de l'aide ?

De nombreuses structures à Genève peuvent t'accompagner. Du soutien existe.

Trouver de l'aide →
142, numéro gratuit d’aide aux victimes

142 – Numéro gratuit d'aide aux victimes. Opérationnel 24h/24 et 7j/7.

Tu souhaites faire un signalement ?

Tu as vécu une violence, tu peux décider de donner suite aux faits. Rien ne t'y oblige.

En savoir plus →
Vernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violences
Politique de confidentialité Fait avec par alveo · © Ville de Vernier
Quitter le site