VIOLENCES
← Retour
Violences sexuelles

L’entourage doit être sûr, pas menaçant

En Suisse, 1 enfant sur 10 est victime d'inceste (Stop inceste, 2025).

Abus sexuels sur personnes mineures

De quoi on parle ?

Les abus sexuels sur mineurs, ce sont des contacts ou interactions de nature sexuelle entre un adulte et un mineur (plus précisément, lorsqu’il y a un écart d’âge de plus de 3 ans avec le ou la mineure). Cela peut prendre la forme de caresses, baisers, attouchements, viols, etc. Ils peuvent venir d’adultes proches: un oncle, un voisin, une amie de la famille, un entraîneur, un enseignant, etc… Ces abus peuvent être ponctuels ou répétés.

L’inceste, c’est quand ces abus sont commis par un membre de la famille.

Tout acte sexuel impliquant une personne mineure est interdit, qu’il y ait violence physique ou non, et que la personne mineure l’ait « voulu » ou pas. Une personne mineure ne peut jamais consentir à un acte sexuel avec un adulte.

Pourquoi c’est grave ?

Les abus sexuels sur personnes mineures sont graves et destructeurs. Ils sont souvent commis par un membre de la famille ou un proche : une personne qu’on aime, en qui on a confiance, dont on dépend. C’est précisément ce lien affectif et d’autorité que l’auteur utilise pour rendre très difficile le fait de dire non ou de se défendre. Si une personne mineure n’arrive pas à dire non, ce n’est jamais de sa faute. C’est toujours la responsabilité de l’adulte.
Les personnes qui agressent manipulent : « c’est normal », « c’est un secret », « c’est de l’amour ». On n’ose souvent pas en parler pour ne pas détruire sa famille ou la réputation de la personne, en plus de la honte qu’on peut ressentir. Ce silence protège les personnes violentes et permet que les abus continuent.

Les conséquences peuvent être graves et durables : confusion profonde, sentiment de trahison, impuissance, isolement, culpabilité, impact sur le développement. Il n’y a pas forcément de blessures visibles, mais la souffrance est réelle et profonde.

Que dit la loi ?

La plupart des abus sexuels sur personnes mineures sont considérés comme des infractions graves et sont poursuivis d’office, c’est-à-dire que la justice peut agir même sans plainte de la personne concernée.
Mais certaines agressions sont plus difficiles à identifier comme telles. Des commentaires sexualisés sur le corps d’un enfant, des blagues à connotation sexuelle, une jalousie excessive envers les relations amoureuses d’un ado, des regards insistants ou de l’espionnage dans la salle de bain ou la chambre : ce sont déjà des agressions, qui s’inscrivent dans ce qu’on appelle le climat incestuel: une ambiance familiale où les limites entre adultes et enfants sont floues, où le corps de l’enfant est regardé, commenté ou surveillé comme s’il appartenait aux adultes, où l’intimité n’est pas respectée. Il n’y a pas forcément de geste ou de contact direct, mais l’enfant grandit dans une confusion permanente entre affection et sexualité, sans espace pour se sentir en sécurité dans son propre corps. Le climat incestuel n’est pas une catégorie du Code Pénal, mais certains comportements concrets peuvent être poursuivis individuellement.

Dans les faits, ces agressions s’installent progressivement. Cette progressivité peut compliquer une condamnation, car difficile à prouver, mais elle ne les rend pas acceptables pour autant.

Une précision importante : la définition légale de l’inceste en droit suisse est restrictive (art. 213 CP) : elle concerne uniquement les relations entre ascendants et descendants biologiques ou entre frères et sœurs biologiques. Un beau-père qui abuse de sa belle-fille, ou des abus commis sur un enfant adopté, ne peuvent pas être poursuivis pour inceste au sens strict, mais seront poursuivis pour viol, contrainte sexuelle ou actes d’ordre sexuel avec des enfants. C’est une lacune reconnue du droit suisse.


Ces comportements sont punis par la loi et peuvent aller jusqu’à 10 ans de prison dans les cas les plus graves. Voici les principales infractions pénales qui peuvent s’appliquer :

  • Art. 187 CP — actes d’ordre sexuel avec des enfants (moins de 16 ans)
  • Art. 188 CP — actes d’ordre sexuel avec des personnes dépendantes (entraîneur, enseignant, éducatrice, etc.)
  • Art. 189 CP — contrainte sexuelle
  • Art. 190 CP — viol
  • Art. 198 CP — harcèlement (commentaires sexualisés répétés par ex.)
  • Art. 213 CP — inceste
Voir aussi : autres infractions possibles selon les actes
  • Art. 191 CP — actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance
  • Art. 181 CP — contrainte
  • Art. 156 CP — extorsion et chantage
  • Art. 180 CP — menaces

Pour aller plus loin sur les autres infractions applicables: voir les violences sexuelles.

Pour en savoir plus sur les délais de prescription et les peines encourues, tu peux consulter le Code pénal suisse en recherchant par le numéro d’article.

Témoignages

Victime, auteur·ice ou témoin : trois regards sur une même situation.

J'ai vécu quelque chose de similaire

“Je subis des attouchements de la part d’un cousin. Il s’introduit dans ma chambre lorsque mes parents ne sont pas là. Je me sens sale, coupable et je n’ose rien dire. Il est très apprécié par toute la famille.”

Agir →

Je me reconnais dans ce comportement

“J'ai des pensées envers une personne plus jeune de ma famille. Je me dis que c'est juste dans ma tête, que tant que je fais rien, y'a pas de mal. Mais ces pensées reviennent de plus en plus souvent, et j'ai de plus en plus de mal à les repousser. Je sais pas à qui en parler. J'ai peur que si j'en parle, on me regarde différemment pour toujours. Alors je dis rien, et j'espère juste que ça va passer.”

Agir →

Je connais quelqu'un qui a vécu quelque chose

“Je sais ce qui se passe, j'ai vu et entendu des choses. Mais cette personne fait partie de notre famille et tout le monde l'adore. Si je dis quelque chose, qui va me croire ? J'ai l'impression d'être complice en me taisant, mais j’ai peur des conséquences si je parle.”

Agir →

Tu cherches
de l'aide ?

De nombreuses structures à Genève peuvent t'accompagner. Du soutien existe.

Trouver de l'aide →
142, numéro gratuit d’aide aux victimes

142 – Numéro gratuit d'aide aux victimes. Opérationnel 24h/24 et 7j/7.

Tu souhaites faire un signalement ?

Tu as vécu une violence, tu peux décider de donner suite aux faits. Rien ne t'y oblige.

En savoir plus →
Vernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violences
Politique de confidentialité Fait avec par alveo · © Ville de Vernier
Quitter le site