VIOLENCES
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Violence verbales, psychologiques

Tu ris, il subit

À Genève, 69% des personnes lesbiennes, gays et bisexuelles ont déjà reçu des insultes. 52% ont subi des contacts physiques non consentis. 38% ont été menacées de violences physiques. (Enquête Iceberg, BPEV, 2025)

Harcèlement homophobe et transphobe

De quoi on parle ?

Le harcèlement homophobe et transphobe, c’est subir des remarques, des attitudes dégradantes ou des comportements humiliants en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, dans la réalité ou en ligne.

Ce harcèlement se base sur une apparence, une attitude ou un comportement qui ne correspond pas aux stéréotypes de genre : ce qu’on attend d’un « il » ou d’une « elle », et des relations qui sont censées en découler (on suppose par défaut qu’un homme est attiré par une femme, et inversement). Dès qu’une personne s’écarte de cette attente, parce qu’elle est gay, lesbienne, bisexuelle, trans ou non-binaire, elle peut devenir la cible de ce type de harcèlement.

Quelques mots pour comprendre
  • L’orientation sexuelle, c’est l’attirance qu’on peut ressentir pour une personne : pour les filles, pour les garçons, pour les deux, ou parfois ce n’est pas un critère important. Il existe de nombreuses orientations : hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle, etc.
  • L‘identité de genre, c’est qui on est : femme, homme, non-binaire, et cela peut ne pas correspondre au sexe inscrit dans ses papiers d’identité.
  • L’expression de genre, c’est comment on manifeste son genre : par son apparence, ses habits, son comportement.

Tout ce qui varie de la norme (le fait de ne pas s’identifier comme une femme ou comme un homme, de ne pas en avoir l’apparence, ou de ne pas être hétérosexuel) peut alors devenir un prétexte pour humilier, exclure ou dévaloriser quelqu’un.

Pourquoi c’est grave ?

L’homophobie (rejet des personnes homosexuelles) et la transphobie (rejet des personnes trans et non-binaires) maintiennent un système de domination : elles font croire qu’il n’y a qu’une seule façon « normale » d’être: cisgenre (se reconnaître dans le genre écrit dans ses papiers d’identité à la naissance) et hétérosexuel (attiré par le sexe « opposé »). Les personnes perçues comme différentes sont stigmatisées et traitées comme anormales.

Les conséquences peuvent être graves et durables : anxiété, perte de confiance en soi, isolement, pression constante pour « rentrer dans le moule », changement forcé de ses habitudes. Selon le milieu familial, social, religieux ou culturel, assumer son orientation ou son identité peut déjà être très difficile. Le harcèlement vient s’ajouter à ces pressions et au manque de soutien, rendant la situation encore plus lourde.

Que dit la loi ?

Comme pour le harcèlement sexiste et sexuel, plusieurs lois s’appliquent selon le contexte: le Code pénal (CP) et la Loi sur l’égalité (LEg), y compris hors du cadre pénal, par exemple dans le monde du travail.
Les comportements homophobes et transphobes sont tous condamnables : qu’il s’agisse de remarques ou moqueries sur la sexualité, d’une utilisation délibérée du mauvais prénom ou pronom, ou de questions intrusives sur le corps ou la sexualité. Dans la pratique, prouver les faits peut être difficile, mais cela ne les rend pas acceptables, et cela ne signifie pas qu’ils sont sans conséquences.

L’homophobie est explicitement condamnée par l’art. 261bis CP. La transphobie, elle, n’est pas encore nommée comme infraction spécifique dans le CP: c’est une lacune réelle du droit suisse actuel.


Ces comportements sont punis par la loi et peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison ou une amende. Voici les principales infractions pénales qui peuvent s’appliquer :

  • Art. 261bis CP — discrimination et incitation à la haine (orientation sexuelle)
  • Art. 177 CP — injures
  • Art. 180 CP — menaces
  • Art. 181 CP — contrainte
  • Art. 181b CP — harcèlement (stalking)
  • Art. 198 CP — harcèlement sexuel

Pour en savoir plus sur les délais de prescription et les peines encourues, tu peux consulter le Code pénal suisse en recherchant par le numéro d’article.

Témoignages

Victime, auteur·ice ou témoin : trois regards sur une même situation.

J'ai vécu quelque chose de similaire

“Je suis un garçon et j'aime me maquiller. À l'école, certains garçons m’insultent. Ils me poussent dans les couloirs et m'excluent de leurs groupes. Je commence à me cacher pour éviter leurs moqueries, je ne comprends pas pourquoi être moi-même pose problème.”

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Je me reconnais dans ce comportement

“Ce mec me dérange, il agit pas comme les autres gars et au début ça me mettait mal à l'aise. Je me disais que c'était pas normal, qu'il devait être gay. Avec mes potes, on se moquait de lui, tout le temps, pour qu'il "redevienne un vrai mec". On trouvait ça drôle. Mais en fait, je crois qu'on cherchait juste une excuse. Il avait rien fait de mal, il était juste lui-même. C'est nous qui avions un problème avec ça.”

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Je connais quelqu'un qui a vécu quelque chose

“J’ai un ami qui se fait tout le temps embêter sur le chemin de l’école par le même groupe de mecs. Parfois je l’accompagne et ça va, mais souvent j’ai eu peur de ce qu’il allait se passer.”

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De nombreuses structures à Genève peuvent t'accompagner. Du soutien existe.

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142, numéro gratuit d’aide aux victimes

142 – Numéro gratuit d'aide aux victimes. Opérationnel 24h/24 et 7j/7.

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