J'ai vécu quelque chose de similaire
“Un jour, une connaissance m'a montré des images de moi nue. Quand j’ai vu les photos, j’ai vu que c’était ma tête, mais pas mon corps. J’étais morte de honte.”
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En Suisse, la diffusion des deepfake est en forte augmentation. Les deepfake pornographiques (deepnudes) représentent la majorité des cas et 90% des victimes sont des femmes (Sensity, 2025).
Les deepfakes sont des images ou des vidéos créées à l’aide de l’intelligence artificielle. On parle de deepnudes quand ces images sont sexuelles. Par exemple, le visage d’une personne est « collé » de façon très réaliste sur le corps nu d’une autre personne, ou un corps entièrement généré par ordinateur est utilisé à sa place. C’est une forme de harcèlement sexuel. N’importe quelle photo, même la plus anodine, peut être utilisée pour créer un deepnude: il ne s’agit jamais d’une conséquence de ce que la victime a publié ou non.
Créer et diffuser des deepnudes sans le consentement d’une personne, c’est violer son intimité et son intégrité : la personne qui crée ces images utilise la technologie pour manipuler l’image d’une autre, pour l’humilier, la stigmatiser ou lui nuire.
L’intimité d’une personne lui appartient entièrement, tout comme son image. Créer un deepfake, dans une situation qu’elle n’a jamais vécue, sans son accord. Même si les images sont fausses, elles font autant de dégâts que de vraies photos intimes et il est difficile de prouver qu’elles sont truquées.
Les conséquences peuvent être graves et durables : humiliations, pressions, menaces, impact sur la vie personnelle, sociale et parfois professionnelle. Une fois publiées, ces images sont hors de contrôle.
Le droit suisse dispose de plusieurs outils pour poursuivre les deepfakes et deepnudes. Dans la pratique, prouver qu’une image est fabriquée et identifier son auteur peut être difficile, mais cela ne signifie pas que ces comportements sont sans conséquences.
Une précision importante : quiconque « like », partage ou rediffuse un deepfake peut aussi être punissable. Si la personne sur l’image est mineure, c’est encore plus grave : cela peut constituer de la diffusion d’images pédopornographiques (art. 197 CP).
Ces comportements sont punis par la loi et peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison ou une amende. Voici les principales infractions pénales qui peuvent s’appliquer :
Pour en savoir plus sur les délais de prescription et les peines encourues, tu peux consulter le Code pénal suisse en recherchant par le numéro d’article.
Victime, auteur·ice ou témoin : trois regards sur une même situation.
“Un jour, une connaissance m'a montré des images de moi nue. Quand j’ai vu les photos, j’ai vu que c’était ma tête, mais pas mon corps. J’étais morte de honte.”
Agir →“Mes potes m'ont montré cette app qui peut créer des faux nudes à partir de n'importe quelle photo. On a testé avec des filles de notre classe juste pour voir ce que ça donnait. C'est juste de la technologie, on s'amuse, on fait du mal à personne.”
Agir →“Je suis tombée sur un compte Insta avec plein de photos d'une copine. C’était des montages un peu deg, avec sa tête mais c’était pas son corps. Je pense que ce compte est un scam et que la personne derrière s'en sert pour avoir plus de followers.”
Agir →De nombreuses structures à Genève peuvent t'accompagner. Du soutien existe.
Trouver de l'aide →
142 – Numéro gratuit d'aide aux victimes. Opérationnel 24h/24 et 7j/7.
Tu as vécu une violence, tu peux décider de donner suite aux faits. Rien ne t'y oblige.
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