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Violence numériquesViolences sexuelles

Son intimité n’est pas un trophée

En Suisse, 33% des jeunes de 12 à 19 ans ont vu des photos ou vidéos mises en ligne sans le consentement de la personne concernée. (Étude JAMES, 2024)

Revenge porn & sextorsion

De quoi on parle ?

Publier ou menacer de publier des photos sexuelles, tout autant que forcer une personne à envoyer du contenu intime, c’est une violation de l’intimité. Ce sont des formes de violences qui rentrent dans le harcèlement sexuel et/ou sexiste.

Il y a 2 formes courantes:

  • Le revenge porn : un ou une ex diffuse des photos ou des vidéos intimes d’une autre personne pour se venger après une rupture ou une dispute.
  • La sextorsion : une personne en force une autre à envoyer des photos (en manipulant ou par pression) et/ou menace de diffuser des photos intimes pour faire chanter (pour de l’argent, des services, du chantage affectif, etc.).
Pourquoi c’est grave ?

Diffuser des images intimes sans accord, c’est un abus de pouvoir : la personne qui diffuse ces images s’en sert pour humilier, contrôler ou dominer. Une fois en ligne, impossible de contrôler ce qui circule. Même si le contenu est supprimé rapidement, les captures d’écran se propagent et tout le monde peut très vite y avoir accès.

L’intimité d’une personne lui appartient entièrement : même si des images ont été partagées volontairement dans un cadre privé, cela ne donne aucun droit de les diffuser à d’autres. Envoyer une photo de soi ne signifie pas accepter de la montrer à tout le monde. La responsabilité appartient entièrement à la personne qui diffuse, jamais à celle qui est sur la photo. Attention toutefois : si les images concernent une personne mineure, la loi suisse (art. 197 CP) peut aussi s’appliquer à la personne qui les a prises ou envoyées à l’origine (même si c’est elle-même).

Les conséquences peuvent être dévastatrices et durables : humiliations publiques, menaces, stigmatisation, impact sur la vie personnelle, sociale et parfois professionnelle. Les traces de cette violation peuvent suivre longtemps.

Que dit la loi ?

Plusieurs lois s’appliquent selon le contexte, le Code pénal (CP) principalement. Diffuser des images intimes sans accord, menacer de le faire ou forcer quelqu’un à envoyer du contenu intime sont des comportements qui sont tous condamnables. Dans la pratique, rassembler des preuves numériques peut être difficile, mais cela ne signifie pas que ces comportements sont sans conséquences.

Ces comportements sont punis par la loi et peuvent aller jusqu’à plusieurs années de prison dans les cas les plus graves. Voici les principales infractions pénales qui peuvent s’appliquer :

  • Art 197a CP — transmission indue d’un contenu non public à caractère sexuel
  • Art 156 CP — extorsion et chantage
  • Art. 179quater CP — captation ou diffusion d’images intimes sans autorisation
  • Art. 197 CP — pornographie (contenu sexuel rendu public sans accord). Si la personne sur les images est mineure, c’est considéré comme de la diffusion d’image pédopornographiques.
  • Art. 156 CP — extorsion et chantage
  • Art. 180 CP — menaces
  • Art. 181 CP — contrainte
  • Art. 189 CP — contrainte sexuelle
  • Art. 173 CP — diffamation

Pour en savoir plus sur les délais de prescription et les peines encourues, tu peux consulter le Code pénal suisse en recherchant par le numéro d’article.

Témoignages

Victime, auteur·ice ou témoin : trois regards sur une même situation.

J'ai vécu quelque chose de similaire

“Quand j'étais avec mon ex, on s'est filmé plusieurs fois ensemble, on trouvait ça marrant. Quand je l'ai quitté, il a envoyé une vidéo à tous ses potes. Depuis, tout le monde l’a vu et on me fait tout le temps des remarques, on m'insulte. J’ai très honte.”

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Je me reconnais dans ce comportement

“Avec mes potes, on s'envoie dans un groupe privé les nudes de nos copines actuelles et de nos exs. Elles savent pas. Je me disais qu'elles avaient qu'à refuser de les faire à la base, que maintenant fallait "assumer". Mais en vrai, elles nous les ont envoyées à nous, pas à tout le groupe. Y'a un moment où je me suis demandé ce que je ressentirais si c'était les miennes qui tournaient comme ça.”

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Je connais quelqu'un qui a vécu quelque chose

“Quand mon pote a partagé sur un groupe la vidéo de son ex, j'ai trouvé ça dégueulasse mais j’ai rien dit. J'ai même fait semblant de rigoler avec les autres pour pas passer pour le mec qui fait la morale.”

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142 – Numéro gratuit d'aide aux victimes. Opérationnel 24h/24 et 7j/7.

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