J'ai vécu quelque chose de similaire
“En soirée, un mec que je connais à peine m'a dit "toi t'es africaine, je sais que t'es une vraie tigresse au lit". Ses potes ont validé. Je me suis sentie super mal et honteuse.”
Agir →
A Genève, 41% des femmes racisées ont vécu des violences sexistes et sexuelles dans l’espace public au cours des 12 derniers mois. (Enquête Iceberg, 2025)
Le harcèlement sexiste et raciste, c’est subir des remarques ou comportements dégradants qui mélangent sexisme et racisme. Ces actes s’appuient sur des clichés racistes à caractère sexuel : les personnes non-blanches sont hypersexualisées (on leur attribue une sexualité stéréotypée), traitées comme « exotiques » ou « différentes », et réduites à des fantasmes.
En Suisse, les femmes non-blanches sont particulièrement exposées à ce type de harcèlement qui cumule sexisme et racisme. On parle de femmes et de filles racisées (noires, arabes, asiatiques, latinas, etc.). Ce harcèlement peut venir de personnes connues ou inconnues, dans la rue, en soirée, à l’école, en ligne.
Le harcèlement sexiste et raciste maintient un double système de domination : il rappelle aux femmes non-blanches qu’elles sont considérées comme inférieures à la fois en tant que femmes et en tant que personnes non-blanches. La personne qui harcèle profite de sa position de force pour imposer ses fantasmes sexuels et racistes. Elle stigmatise et enferme les femmes dans des stéréotypes sexuels, les traitant comme des objets plutôt que comme des personnes. Elles ne sont pas vues comme des individus, mais réduites à leur origine avec des caractéristiques supposées.
Les conséquences peuvent être graves et durables : sentiment constant d’être perçue ou perçu à travers son origine plutôt que pour qui on est, déshumanisation, perte de confiance en soi, anxiété, isolement social, sentiment de ne jamais être vu pour qui on est vraiment.
Plusieurs lois s’appliquent selon le contexte: le Code pénal (CP) principalement, ou la LEg dans le cadre du travail.
Les comportements de harcèlement sexiste et raciste sont tous condamnables, qu’il s’agisse de remarques sur le physique liées à l’origine, de suppositions sur la personnalité ou la sexualité basées sur des stéréotypes, de compliments racistes (« Tu es belle pour une… »), de questions insistantes sur l’origine ou de drague basée uniquement sur l’origine. Dans la pratique, ces comportements sont souvent minimisés ou présentés comme des compliments ou de la curiosité, ce qui rend leur signalement difficile mais cela ne signifie pas qu’ils sont acceptables.
Le harcèlement sexiste et raciste ne constitue pas une infraction spécifique en droit suisse. Selon la nature des actes, les mêmes dispositions que pour le harcèlement sexiste et sexuel s’appliquent.
Ces comportements sont punis par la loi et peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison ou une amende. Voici les principales infractions pénales qui peuvent s’appliquer :
Pour en savoir plus sur les délais de prescription et les peines encourues, tu peux consulter le Code pénal suisse en recherchant par le numéro d’article.
Victime, auteur·ice ou témoin : trois regards sur une même situation.
“En soirée, un mec que je connais à peine m'a dit "toi t'es africaine, je sais que t'es une vraie tigresse au lit". Ses potes ont validé. Je me suis sentie super mal et honteuse.”
Agir →“J'ai dit à une meuf asiatique de ma classe qu'elle devait être du genre calme et sage en couple, genre la petite copine parfaite. C'était pas méchant, juste une vanne. Elle a souri donc ça allait, je pensais pas que ça la toucherait.”
Agir →“En cours, j'ai entendu un gars dire à ma pote marocaine "toi t'es rebeu donc t'es soumise à ton mec c'est ça ?". Elle a rien répondu, elle a juste baissé les yeux. J'aurais dû dire un truc mais j'ai freeze sur le moment.”
Agir →De nombreuses structures à Genève peuvent t'accompagner. Du soutien existe.
Trouver de l'aide →
142 – Numéro gratuit d'aide aux victimes. Opérationnel 24h/24 et 7j/7.
Tu as vécu une violence, tu peux décider de donner suite aux faits. Rien ne t'y oblige.
En savoir plus →