VIOLENCES
← Retour
Violence numériquesViolences sexuelles

Dick pic non demandée, agression assurée

En Suisse, 21% des adolescentes et 10% des adolescents ont déjà reçu des images érotiques non désirées. (Wolak J. et al., 2017)

Envoi de contenus intimes sans consentement

De quoi on parle ?

Envoyer des contenus intimes (photos, vidéos ou messages) sans accord ou en recevoir sans en avoir voulu, c’est une violation de l’intimité. Faire pression sur quelqu’un pour qu’il ou elle en envoie, c’est aussi une violence. Ces deux situations relèvent du harcèlement sexuel et/ou sexiste.

Quand les envois d’images ou vidéos sont consentis, c’est-à-dire clairement voulu des deux côtés, on parle de sexting : mais attention, même si c’est consenti, ces images ou vidéos peuvent être facilement vues par d’autres personnes, copiées et diffusées. Celles-ci peuvent être ensuite utilisées comme un moyen de chantage et/ou de harcèlement, comme du revenge porn ou de la sextorsion.

Pourquoi c’est grave ?

Imposer des contenus sexuels est une forme de harcèlement et une discrimination : cela force une personne à voir ou à donner accès à son intimité sans son accord. C’est souvent banalisé, voire présenté comme une blague ou un compliment, voire même des avances ou de la drague, alors que la personne qui reçoit n’a rien demandé et se retrouve exposée à quelque chose qu’elle n’a pas choisi. Le corps n’appartient qu’à soi, personne n’a le droit d’imposer des contenus intimes à quelqu’un d’autre, ni en photo, ni en vidéo, ni en message. C’est particulièrement fréquent envers les filles et les femmes, ce qui en fait aussi une forme de sexisme : cela participe à un climat où certaines personnes doivent en permanence se protéger ou anticiper ce genre d’intrusion, simplement pour naviguer, jouer ou tchater en ligne.

Les conséquences peuvent être graves et durables : stress et anxiété importants, dégoût, peur, perte de confiance, difficulté à utiliser les réseaux sociaux, sentiment de violation de l’intimité. Pour certaines personnes, c’est un véritable traumatisme.

Que dit la loi ?

Plusieurs lois s’appliquent selon le contexte: le Code pénal (CP) principalement. Envoyer des contenus sexuels non désirés, faire pression pour en obtenir, ou diffuser des images intimes sans accord, sont des comportements qui sont tous condamnables. Dans la pratique, rassembler des preuves numériques peut être difficile, mais cela ne signifie pas que ces comportements sont sans conséquences.

Une précision importante : l’échange de contenus érotiques entre personnes mineures ayant une différence d’âge maximale de trois ans est toléré, à condition que les deux parties y aient consenti (art. 197 al. 8bis CP). Attention : envoyer des images d’une personne mineure reste risqué, cela peut être considéré comme de la diffusion d’images pédopornographiques et c’est considéré comme une infraction très grave.

Ces comportements sont punis par la loi et peuvent aller jusqu’à plusieurs années de prison dans les cas les plus graves. Voici les principales infractions pénales qui peuvent s’appliquer :

  • Art. 198 CP — harcèlement sexuel (envoi de contenus sexuels non désirés)
  • Art. 179quater CP — captation ou diffusion d’images intimes sans autorisation
  • Art. 197 CP — pornographie illégale (envoi à une personne de moins de 16 ans)
  • Art. 197a CP — diffusion d’un contenu intime sans le consentement de la personne concernée
  • Art. 156 CP — extorsion et chantage
  • Art. 180 CP — menaces
  • Art. 181 CP — contrainte
  • Art. 197 al. 8bis CP — échange consenti entre mineurs avec écart d’âge inférieur à 3 ans (exception légale)

Pour en savoir plus sur les délais de prescription et les peines encourues, tu peux consulter le Code pénal suisse en recherchant par le numéro d’article.

Témoignages

Victime, auteur·ice ou témoin : trois regards sur une même situation.

J'ai vécu quelque chose de similaire

“Sur un site de gaming, j'ai reçu une dick pic de la part d'un gars avec qui je parlais, alors que je n'avais rien demandé.”

Agir →

Je me reconnais dans ce comportement

“On discutait en ligne depuis des semaines, elle rigolait à mes blagues... j'ai pensé qu'elle était intéressée. J'ai envoyé la photo pour voir sa réaction, c'était juste pour rigoler et voir s’il y avait moyen. Elle m'a bloqué.”

Agir →

Je connais quelqu'un qui a vécu quelque chose

“Quand mon pote s'est vanté d'avoir envoyé une dick pic à une fille avec qui il parlait, tout le monde a ri. J'étais mal à l'aise mais j'ai fait comme si c'était drôle pour pas me faire exclure.”

Agir →

Tu cherches
de l'aide ?

De nombreuses structures à Genève peuvent t'accompagner. Du soutien existe.

Trouver de l'aide →
142, numéro gratuit d’aide aux victimes

142 – Numéro gratuit d'aide aux victimes. Opérationnel 24h/24 et 7j/7.

Tu souhaites faire un signalement ?

Tu as vécu une violence, tu peux décider de donner suite aux faits. Rien ne t'y oblige.

En savoir plus →
Vernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violencesVernier s'engage contre les violences
Politique de confidentialité Fait avec par alveo · © Ville de Vernier
Quitter le site